LABORATOIRE IMPACTS LABORATORY

Laboratoire d’Investigations sur les Mécanismes et Prédicteurs de liens entre Activités physiques, autres Comportements et Trajectoires de Santé


Description

L’étude «Mesurer les activités des jeunes pour mieux comprendre leurs habitudes» (MATCH) vise à mieux comprendre comment la participation au sport et à l’activité physique évolue pendant l’enfance et l’adolescence. MATCH est unique, car l’étude recueille des informations plus détaillées sur le sport et l’activité physique que d’autres études, et le fait plus fréquemment sur une longue période. 936 élèves ont rempli des questionnaires auto-rapportés tous les quatre mois de la 5e à la 6e année jusqu’à la fin de la 12e année. Ces mêmes participants sont maintenant invités à remplir des questionnaires auto-rapporté chaque année. Pour compléter toutes ces informations, MATCH dispose également d’un sous-échantillon de 23 participants qui participent à des entretiens individuels annuellement. Les parents (ou tuteurs) des élèves ont participé à un questionnaire administré par téléphone au cours de la première année de l’étude. Enfin, une évaluation de l’environnement scolaire a été réalisée pour chaque école en collaboration avec les représentants des écoles à deux moments différents. Les suivis fréquents permettent de caractériser les comportements lors de périodes de changements et de développements importants. Les résultats à ce jour ont identifié des prédicteurs de la participation à différents types de sports au niveau de l’individu (c.-à-d., attributs personnels, caractéristiques psychologiques), l’environnement social (c.-à-d. les comportements des pairs, le soutien des parents) et l’environnement physique (c.-à-d. , ruralité, accès aux infrastructures). Les données MATCH indiquent également que la participation à différents types de sports est associée de manière différentielle à différents résultats, notamment la qualité de vie, le bien-être psychologique et la participation future à des sports.

 

Objectifs

  • Cartographier les périodes où les participantes et participants entreprennent et abandonnent des activités physiques spécifiques.
  • Mieux comprendre le processus de maintien, d’augmentation et de diminution de l’activité physique pendant les transitions de l’enfance à l’adolescence et à l’âge adulte.
  • Décrire l’association entre les facteurs théoriques et l’adhésion à différents types d’activité physique chez les jeunes et les jeunes adultes.
  • Vérifier si le changement des facteurs théoriques est associé à un changement du niveau de participation à différents types d’activité physique.
  • Tester si l’association entre les facteurs théoriques et le changement dans différents types d’activité physique est médiée par d’autres facteurs.
  • Vérifier s’il existe des effets cumulatifs, temporels ou de seuil de l’exposition aux sports pendant l’enfance et l’adolescence sur la probabilité de participer à des sports au début de l’âge adulte.
  • Examiner s’il existe des effets cumulatifs et temporels de l’exposition aux transitions sociales et aux stresses de la vie sur la probabilité de participer à des sports au début de l’âge adulte.
  • Chercher s’il existe une association entre l’exposition aux sports pendant l’enfance et l’adolescence et les marqueurs de résilience lors de la transition vers les études postsecondaires ou le marché du travail.
  • Évaluer les associations entre l’infrastructure, la programmation ou les événements offerts par les établissements postsecondaires et les services de loisirs communautaires et le maintien ou l’adoption de la participation aux sports au début de l’âge adulte.
  • Tester les associations entre l’utilisation de la technologie développée pour soutenir l’activité physique et le maintien ou l’adoption de la participation aux sports au début de l’âge adulte.

 

Équipe

Chercheur principal : Mathieu Bélanger

Co-chercheurs : Jennifer Brunet, Isabelle Doré, Katie Gunnell, Jennifer O’Loughlin, Catherine Sabiston et Marie-Pierre Sylvestre

Professionnelle de recherche : Julie Dufresne

Étudiants (passés et présents) : Emilie Beaulieu (MD-Sherbrooke), Marie-Claude Lavigne-Albert (MD-Sherbrooke), Marie-Andrée Giroux (MD-Sherbrooke), Anika Boucher (MD-Sherbrooke), Julie Goguen Carpenter (MSc-Sherbrooke), Jason MacKenzie (MSc-Sherbrooke), Erin Wing (MSc-Ottawa), Stéphanie Ward (MSc-Sherbrooke), François Gallant (MSc-Sherbrooke), Teodora Riglea (MSc-Montréal), Marie-Ève Michaud (MSc-Sherbrooke), Jean-François Clément (MSc-Sherbrooke), Chloé Drapeau (MSc-Montréal), Kristy Smith (PhD-Windsor), Véronique Thibault (PhD-Sherbrooke), François Gallant (PhD-Sherbrooke)

Stagiaires postdoctorales (passés et présents) : Katie Gunnell (Ottawa), Patrick Abi Nader (Sherbrooke), Isabelle Doré (Toronto), Jodie Stearns (Ottawa), Radhouene Doggui (Sherbrooke), Ross Murray (Toronto)

 

Résultats jusqu’à maintenant

(Dernière mise à jour décembre 2018)

Les enfants qui participent à plusieurs sports ont plus de chance d’être actifs durant l’adolescence. Au contraire, les enfants qui se spécialisent dans un sport ont plus de chance d’abandonner les sports quand ils vieillissent. (Gallant, F., O’Loughlin, J., Brunet, J., Sabiston, C., Bélanger, M. 2017. Pediatrics)

La participation récréative et de performance aux sports durant l’enfance sont associées avec une bonne santé mentale à la fin de l’adolescence. (Isabelle Doré, Catherine Sabiston, Marie-Pierre Sylvestre, Jennifer Brunet, Jennifer O’Loughlin, Patrick Abi Nader, François Gallant, Mathieu Bélanger – Journal of Adolescent Health, 2019)

Les jeunes qui ont au moins un parent qui participe dans des sports d’équipe ont plus de chance de continuer de participer dans des sports d’équipe. La participation à des sports individuels des jeunes n’est pas associée avec la participation des parents dans des sports individuels. (Brunet, J., Gaudet, J., Wing, E., Bélanger, M. 2017. Journal of Sport and Health Science)

L’étude MATCH a clarifié que passer du temps à l’extérieur peu amélioré la santé mentale parce que l’extérieur offre un endroit propice à faire de l’activité physique. L’amélioration de la santé mentale associé avec le temps passé à l’extérieur sont dû à des augmentations en activité physique (Mathieu Bélanger, François Gallant, Patrick Abi Nader, Jennifer O’Loughlin, Catherine Sabiston, Isabelle Doré, Katie Gunnell, Richard Larouche, Marie-Pierre Sylvestre– en révision)

Les stress de la vie perçus par les jeunes sont souvent associés avec une augmentation dans la participation à des sports non-organisés, ce qui suggère que ces activités représentent une solution aux ruptures amoureuses, le deuil et un manque de support parental. (Patrick Abi Nader, Stéphanie Ward, Sherif Eltonsy, Mathieu Bélanger – Preventive Medicine, 2018)

Les enfants qui rapportent faire de l’activité physique parce qu’ils aiment ça font habituellement plus d’activité physique organisée. Les enfants qui veulent améliorer leurs habiletés participent plus à des activités physiques de groupe et ont plus de chances d’atteindre les niveaux d’activité physique quotidiens recommandés. (Goguen, J., Bélanger, M., Xhignesse, M., Ward, S., Sabiston, C., O’Loughlin, J. 2015. International Journal of Sport and Exercise Psychology)

Il existe des barrières internes (ex. « je ne suis pas intéressé à faire de l’activité physique ») et externes à l’activité physique (ex. « Je n’ai pas l’équipement nécessaire à faire de l’activité physique), mais seulement les barrière internes sont susceptibles de limiter l’activité physique des jeunes. (Gunnell, K.E., Brunet, J., Wing, E.K., Bélanger. 2015. Pediatric Exercise Science)

Malgré que les chercheurs de MATCH ont trouvés que la proximité des infrastructures d’activité physique (parcs, sentiers, gymnases) n’affecte pas la maintenance d’activité physique, ils ont trouvés que les environnements qui favorisent le transport actif aident les filles et les garçons être plus actifs. (MacKenzie, J., Brunet, J., Boudreau, J., Iancu, H.D., Bélanger, M. 2015. Preventive Medicine Reports; Ward, S., Bélanger, M., Goguen-Carpenter, J., Caissie, I., Vanasse, A., Donovan, D. 2015. Journal of School Health)

Il existe des théories qui suggèrent que les humains doivent être satisfaits pour vivre une vie heureuse. Par exemple, la théorie se concentre sur les interactions sociales au cours de l’activité physique comme «J’ai l’impression d’avoir développé un lien étroit avec les autres» et aussi des sentiments de compétence comme «Je suis satisfait de ma performance à l’activité physique » et finalement, des sentiments d’être capable de faire ce que vous voulez quand vous le voulez comme « Quand je participe à l’activité physique, je me sens comme je suis libre de décider par moi-même comment participer. ». En gros, les chercheurs de MATCH ont constaté que plus ces besoins sont satisfaits au fil du temps, plus les gens étaient actifs. De plus, quand l’AP augmente, nous avons trouvé que la qualité de vie sociale et physique s’améliore. (Gunnell, K. E., Brunet, J., & Bélanger, M. 2016. Health Psychology ; Gunnell, K. E., Brunet, J., Sabiston, C. M., Bélanger, M. 2016. Journal of Sport & Exercise Psychology; Brunet J., Gunnell, K. E., Teixeira, P., Sabiston, C. M., Bélanger, M. 2016. Journal of Sport & Exercise Psychology)

Les chercheurs de MATCH ont également constaté que lorsque les jeunes percevaient qu’ils avaient un bon soutien parental, ceci était associé positivement à la conviction d’être capable d’être actif peu importe les barrières rencontrées. (Wing, E.K., Bélanger, M., Brunet, J. 2016. American Journal of Health Behavior)

La participation aux sports organisés décline plus rapidement chez les plus jeunes d’une cohorte (ex. nés à la fin de l’année). Cet effet relatif de l’âge n’est pas apparent pour la participation aux sports non organisés. (Kristy L. Smith, Mathieu Bélanger, Laura Chittle, Jess C. Dixon, Sean Horton & Patricia L. Weir. 2022. Sports)

Interprétations des résultats

Étant donné que les enfants qui ne pratiquent pas de sports durant leur enfance courent un risque élevé de ne pas être actif physiquement plus tard, des stratégies sont nécessaires pour trouver des moyens d’impliquer tous les enfants dans des activités sportives adaptées à leur développement. Celles-ci pourraient inclure des programmes après l’école et des sports non compétitifs.

Les personnes qui travaillent avec des enfants dans les sports doivent comprendre que pratiquer plusieurs différents sports pendant l’enfance est préférable à la spécialisation sportive (pratique intensive d’un seul sport), car elle réduit le risque d’abandon du sport.

Comme nous avons constaté que les jeunes semblent souvent se tourner vers la participation à un sport non organisé en tant que mécanisme permettant de gérer les stress de la vie, des efforts plus importants de la part de la société devraient être mis en œuvre pour encourager la participation chez les jeunes aux sports non organisés. Environ 1/3 des jeunes canadiens pratiquent régulièrement des sports non organisés, de sorte que plusieurs d’entre eux risquent de ne pas profiter des avantages qui y sont associés. De plus, comme 3/4 des jeunes canadiens participent à des sports organisés, il pourrait être avantageux d’équiper les programmes de sports des compétences nécessaires pour aider les jeunes à faire face aux stress de la vie.

Étant donné que les enfants attribuent beaucoup d’importance aux motifs de plaisir, les praticiens du sport, les écoles et les communautés qui souhaitent augmenter la participation aux sports organisés devraient chercher à rendre leurs activités intéressantes, amusantes et stimulantes.

Pour augmenter la participation aux sports de groupe, les interventions devront peut-être prendre en considération les motifs de compétence en renforçant le développement d’habiletés et l’amélioration de la performance, et en proposant des défis réalistes et réalisables par l’entremise d’occasions de participation au sport.

Pour augmenter la satisfaction des besoins psychologiques (compétence, social et autonomie) qui peuvent à leur tour augmenter l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse chez les jeunes, les écoles et les organisations sportives devraient: 1- Fournir aux jeunes des possibilités de pratiquer de nouvelles habiletés avec l’aide d’un professionnel du sport et les encourager à continuer de pratiquer ces habiletés afin de se sentir plus à l’aise et avoir plus de confiance (compétence), 2- Permettre aux élèves de choisir des activités en fonction de leurs intérêts. Cela permettra de regrouper des jeunes ayant des objectifs semblables et facilitera le développement de rapports sociaux (social), et 3- Offrir aux jeunes la possibilité de choisir l’activité dans laquelle ils souhaitent s’engager sans remettre en cause leurs motivations ou essayer de contrôler les résultats (autonomie).

L’environnement scolaire est étroitement lié à la participation sportive, et plus particulièrement à la participation aux sports organisés. Les écoles et les conseils scolaires pourraient travailler ensemble pour mettre en œuvre des programmes de transport actifs, tels que des programmes «Trottibus», des journées de transport actif, et modifier les politiques ou créer des infrastructures favorisant le transport actif pour se rendre à l’école, tels que la tolérance des planches à roulettes sur le terrain de l’école, offrir des portes-vélos et veiller à ce que des brigadiers scolaires soient présents aux passages pour piétons.

La participation des parents au sport peut avoir une influence sur les types d’activités pratiquées par les jeunes, surtout pour les activités relativement moins populaires chez les jeunes. Les communautés et les organisations sportives devraient offrir plus d’occasions aux parents d’être actifs, tels que les équipes sportives pour adultes et les ligues de sport en tant que stratégie pour augmenter la participation sportive des jeunes.

Les barrières internes aux sports semblent avoir un effet plus important sur l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse que les barrières externes: Les programmes visant à augmenter la participation aux sports chez les jeunes devraient être discutés avec les jeunes; leurs barrières internes, devraient être prises en considération avant la mise en œuvre du programme.

Information

Pour toute information sur le projet MATCH, veuillez contacter Julie Dufresne, coordonnatrice de recherche à julie.dufresne2@usherbrooke.ca

 

Organismes subventionnaires